Lontemps méconnue, confondue avec d'autres voire restée dans l'anonymat, l'Œuvre de Pierre Ernou (Angers, 23 mars 1665 - ap. 1739), « chevalier de l'ordre portugais du Christ », réapparaît petit à petit, témoignant du goût de la Régence pour une peinture sucrée.
Demeuré dans l'ombre de ses maîtres, Ernou produisit à ses débuts des portraits très emprunts de l'art de Nicolas de Largillierre. Il s'en émancipa ensuite pour créer sa propore manière faite de couleurs vives et éclatantes. La diversité de ses modèles montre sa popularité à Paris, lui qui était né à Angers où il débuta sa carrière dans l'atelier de son père.
En 1885, Anatole de Montaiglon résumait ce que l'on savait alors d'Ernou (Revue de l’art Français ancien et moderne, 2e année, 1885, p. 106-107) :
« Dans bien des cas, il faudrait penser à relire ce qu'on a lu. C’est ce qui m'arrive pour la question sur le chevalier Emou que j’aurais dû savoir ne pas avoir à poser. La réponse se trouvait d'avance dans deux livres excellents dont je fais grand cas, que j'ai chez moi sous la main et que j'ai lus quand ils ont paru. M. Michel, l’un des conservateurs du musée d'Angers, m'y renvoie, et aussi leur auteur, mon ami M. célestin Port, qui s'étonne à juste titre et vis-à-vis de qui j'ai à m'excuser de mon lapsus memorisæ. Il a parlé deux fois de notre peintre dans ses Artistes angevins dont le tirage à part a été donné par lui en 1881 à la collection annexe de notre société de l’Art français où le chevalier Ernou a son article, p. 107. Il en avait déjà parlé en 1876 dans le tome II de son dictionnaire de Maine-et-Loire, p. 118 ».